Photo : Antonio Calanni / Associated Press (AP)
Face au surtourisme, certaines destinations européennes comme Barcelone, Amsterdam ou Venise prennent une décision surprenante : attirer moins de visiteurs. Une tendance qui pourrait transformer notre façon de voyager dans les années à venir.
Et si votre destination préférée ne voulait plus devenir virale ?
Qui n’a jamais enregistré une adresse vue sur Instagram en se disant : « Il faut absolument que j’y aille. »
Le problème, c’est que vous n’êtes probablement pas le seul.
Depuis plusieurs années, certaines destinations vivent un paradoxe : elles sont victimes de leur succès. Plus elles apparaissent sur les réseaux sociaux, dans les guides ou dans les recommandations des plateformes, plus elles attirent de visiteurs. Jusqu’au moment où l’expérience elle-même commence à se dégrader.
Files d’attente interminables, loyers qui explosent, habitants qui quittent les centres-villes, commerces traditionnels remplacés par des boutiques pour touristes…
Pour certaines villes, la question n’est plus :
« Comment attirer plus de voyageurs ? »
Mais :
« Comment retrouver un équilibre ? »
Quand le surtourisme transforme les destinations
Prenons Barcelone.
Depuis plusieurs années, la ville multiplie les mesures pour limiter les effets du surtourisme. Restrictions sur les locations touristiques, encadrement des flux dans certains quartiers, campagnes destinées à encourager un tourisme plus respectueux.
Même constat à Amsterdam.
En 2023, la ville a lancé une campagne intitulée « Stay Away« , visant à décourager certains comportements liés au tourisme festif excessif. L’objectif n’était pas de fermer la porte aux visiteurs, mais de préserver la qualité de vie des habitants.
Autrement dit, certaines destinations commencent à comprendre qu’être partout n’est pas toujours une bonne nouvelle.
Le voyageur ne voit qu'une photo. La ville vit le quotidien.
Lorsque nous préparons un voyage, nous voyons souvent le meilleur côté d’une destination.
Une photo parfaitement cadrée.
Une vidéo de dix secondes.
Un café caché devenu soudainement célèbre.
Pourtant, derrière cette image se cache une réalité plus complexe. À Hallstatt, en Autriche, petit village de moins de 800 habitants, l’afflux massif de visiteurs a poussé les autorités locales à mettre en place des mesures pour mieux gérer les flux touristiques.
Le village n’est pas devenu moins beau.Il est simplement devenu trop populaire.
Et ce phénomène se répète dans de nombreux territoires à travers l’Europe.
Face au surtourisme, voyager autrement
Paradoxalement, cette situation ouvre aussi de nouvelles opportunités pour les voyageurs. Parce que lorsque tout le monde visite les mêmes endroits, d’autres destinations restent dans l’ombre.
Certaines régions moins connues attirent désormais les visiteurs à la recherche d’expériences plus authentiques, plus calmes et parfois plus enrichissantes.
On parle souvent de « slow tourism » ou de tourisme de proximité. Mais derrière ces termes se cache une idée simple :
Prendre le temps de découvrir un territoire plutôt que de collectionner les lieux incontournables.
Et si le prochain endroit qui vous marquera n’était pas celui qui cumule des millions de vues sur TikTok ?
Les algorithmes ont-ils une responsabilité ?
La question mérite d’être posée. Aujourd’hui, une grande partie de nos choix de voyage est influencée par :
- les réseaux sociaux ;
- les moteurs de recherche ;
- les plateformes de réservation ;
- les recommandations algorithmiques.
Quand un lieu commence à être recommandé massivement, un effet boule de neige se crée. Plus il est visible, plus il attire de visiteurs. Plus il attire de visiteurs, plus il devient visible.
Les destinations ne contrôlent plus toujours cette dynamique. C’est pourquoi certaines d’entre elles investissent désormais dans une communication plus ciblée, orientée vers la qualité de l’expérience plutôt que vers le volume de visiteurs.
Ce que cela change pour nous, voyageurs
Au fond, cette évolution nous invite à nous poser une question simple :
Choisissons-nous encore nos destinations… ou suivons-nous parfois celles que les algorithmes mettent le plus en avant ?
Sans forcément nous en rendre compte, nos inspirations de voyage sont de plus en plus influencées par les réseaux sociaux, les plateformes et leurs recommandations.
Peut-être est-ce l’occasion de ralentir un peu, de regarder au-delà des lieux les plus populaires et de laisser une place à la découverte.
À retenir
Face au surtourisme, certaines destinations limitent volontairement leur visibilité ou encadrent davantage les flux de visiteurs.
Une tendance qui nous rappelle une chose : voyager, ce n’est pas seulement aller là où tout le monde va. C’est aussi prendre le temps de découvrir ce qui se cache un peu plus loin.
Et vous, seriez-vous prêt à troquer une destination virale contre une destination plus discrète ?
Nous avons également exploré comment les destinations intelligentes utilisent les données pour mieux gérer les flux touristiques dans un autre acrticle 😉
✍️ Khadija Sellami
Khadija SELLAMI
Khadija.sellami@audencia.com


